MAXIME DROUET

Les dépôts de trains comme des cathédrales, Maxime Drouet cède au patrimoine graffiti les plus belles preuves que tout cela est bien plus qu’une histoire de peinture.

Entrainé dans une culture qu’il découvre en partie à travers les publications photographiques de Martha Cooper et Henry Chalfant, Maxime conquiert sans relâche, depuis plus de quinze ans maintenant, un terrain de jeu des moins aisément domptables : le réseau ferroviaire.

Il grandit avec la ligne nord et ses trains de banlieues. Tristement condamnés début 2010 à disparaître, il décide justement d’en sauver l’âme, appareil photo greffé à la main.

Maxime est rattrapé brutalement par les démons judiciaires en 2011. Son support de prédilection évanouit avec sa liberté de peindre, il s’agit alors de survivre coûte que coûte à sa passion.

Forcé de recadrer sa pratique, la découverte d’un cimetière de rames abandonnées devient pur lui le théâtre d’une résurrection. Dans la discrétion, Maxime peint des panels dans le style qui lui est propre. Des heures durant et à ciel ouvert, il travaille cette matière première.

La photographie comme clé de voute de son travail, il oriente son regard, depuis l’intérieur des wagons, sur les vitres peintes à l’opacité relative. Ici les contours sont flous, les couches sont superposées et les projections par bouquets jouent avec nos perceptions.

Il lui serait impossible de s’arrêter la. Mordre dans la chair de ces trains constitue l’étape suivante. En décrochant une à une les vitres peintes, il érige d’uniques reliques du graffiti.

L’artiste façonne des caissons de bois ou prennent place les tirages photographiques. Un rétroéclairage habile vient ensuite habiter ces scènes d’intérieurs, apportant contrastes et profondeurs.

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